Aide à l’animation

 

L’animateur d’un jeu pédagogique s’inscrit dans une visée éducative. Or la majorité des participants va vite devenir des « joueurs » et s’orienter vers le ludique. C’est à l’animateur de veiller à conserver un aspect pédagogique à l’activité (qui doit rester aussi ludique) et calmer l’excitation que cela peut générer chez les enfants.

Autre défi pour l’animateur, certaines personnes ne sont pas très joueuses et la perspective de faire un jeu peut ne pas les intéresser, ou très vite les démotiver. L’animateur doit donner envie aux participants d’entrer dans le jeu, et d’y rester.

D’où ces quelques conseils…

Avant de proposer un jeu

Bien choisir son jeu

Le thème et les contenus du jeu doivent correspondre à l’objectif pédagogique que vous vous êtes fixé.

Le jeu doit être adapté à votre public, en termes de tranche d’âge, de nombre de participants, de durée.

> Pour les grands groupes (10 personnes ou plus), soit :
- vous faites deux parties en parallèle (donc il faut 2 exemplaires du jeu et 2 animateurs),
- vous alternez deux activités (le jeu et une autre activité / donc 2 animateurs),
- vous choisissez un jeu grand format adapté à un grand groupe (par exemples Le Chevalement, le Grand chemin d’Aix,l’Abrikaban)

Prendre le temps de découvrir le jeu, ses règles

Tester le jeu avant de l’utiliser avec votre public pour :
- vérifier qu’il est bien adapté à vos attentes,
- prendre connaissance de ressources pédagogiques complémentaires (dans le livret pédagogique fourni avec le jeu par exemple) que vous pourrez apporter aux joueurs pendant la partie,
- pouvoir l’expliquer par la suite aux joueurs, bien le maîtriser pour être à l’aise dans son animation.

Vérifier s’il n’existe pas une vidéo pour expliquer le jeu, ou découvrir une partie, cela vous fera gagner du temps.

En ayant testé le jeu, vous allez repérer les notions pédagogiques que vous pourrez mettre en avant. Pour les jeunes enfants, ciblez 2 à 3 notions maximum. Pour les plus âgés, vous pouvez bien sûr en sélectionner davantage.

Adapter le jeu aux joueurs

Vous pouvez décider de simplifier le jeu (ou de le complexifier) pour faciliter son utilisation.

> Par exemple, un groupe d’enfants peut vite perdre son attention si beaucoup d’éléments sont à sa disposition, ou beaucoup de règles à intégrer dès le départ. Donc vous pouvez choisir d’enlever des éléments non indispensables pour recentrer son attention.
Pour les adultes, le conseil d’y aller progressivement est aussi valable. Vous pouvez réfléchir à rajouter des contraintes pour que le jeu devienne plus complexe, s’il s’avère que cela est nécessaire.

Comme vous connaissez déjà les notions que le jeu va vous permettre de mettre en avant, vous pouvez chercher des exemples, illustrations pour rendre tangibles ces notions.

> Par exemple, pour les jeux de construction, préparer des photos de murs en brique, de ponts… à montrer aux enfants pour que cela devienne concret.

Pour les jeux d’aménagement, préparer une courte vidéo, des photos montrant l’aménagement d’un éco-quartier ou d’un contre-exemple…

Vous pouvez rendre pédagogique un jeu qui ne l’est pas à la base en créant des contraintes, en inventant une finalité à atteindre.

> Par exemple, inventer des défis de construction avec des planchettes de kapla : construire un pont, une tour qui ne soit pas carrée ou rectangulaire… avec photos de construction de ce type d’ouvrage à l’appui ou de références de constructions réelles qui ont répondu au même défi technologique.

Organiser l’espace

Avant d’accueillir les publics, gagnez du temps et de la sérénité, disposez à l’avance vos espaces de jeux (tables, chaises, tapis de jeux pour ceux qui sont au sol, etc.), le vidéo-projecteur si besoins pour montrer les règles du jeu, un contenu pédagogique complémentaire.

> Petit conseil, ne sortez pas forcément tous les éléments du jeu avant car vous risquez de perdre l’attention des joueurs quand vous expliquerez la séance et l’objectif du jeu.

Animer la partie

Donner envie

Expliquer aux participants pourquoi vous avez choisi de leur proposer un jeu dans une animation pédagogique : votre jeu a une finalité pédagogique, autant le dire (et cela rassurera certains) ! Sans oublier le côté ludique « mais c’est aussi un jeu car on peut apprendre en s’amusant ! ».

Les jeux invitent les joueurs à entrer dans un univers : on devient bâtisseur, aménageur, élu… A vous de les aider ! Vous pouvez vous adresser à eux comme s’ils étaient des aménageurs (etc.) et jouer vous-même un rôle. Certains mettent des accessoires, comme un casque de chantier ou un gilet jaune.

Expliquer clairement le jeu et les règles aux participants

Le point crucial !
D’abord bien expliquer la finalité du jeu, comment on arrive au bout du jeu, comment on gagne (des objectifs à atteindre, faire un score maximum…).

Puis bien expliquer les règles du jeu progressivement (d’où l’importance de bien connaître le jeu vous-même). Parfois il n’est pas utile (voire démotivant) de donner toutes les règles dès le départ. Pour les jeux courts, on peut faire une 1ère partie fictive pour expliquer le jeu.

Il existe des vidéos pour expliquer certains jeux, pourquoi ne pas vous en servir en la diffusant sur une tablette ou un vidéo-projecteur ?

Faire des apports pédagogiques réguliers mais pas trop longs

Pendant la partie à vous de compléter le jeu par des apports pédagogiques qui :
-  font écho à ce qui se passe dans le jeu, ex. : ce que vous venez de construire s’appelle « donner le terme technique » et en pas hésiter à le répéter jusqu’à ce que les joueurs l’emploient,
- permettent de relancer un débat, d’aider les joueurs à nourrir une décision à prendre, ex. : le coût d’aménagement d’une ligne de métro est deux fois plus cher qu’une ligne de tramway, êtes-vous sûr que c’est le mode de transport en commun que vous allez choisir pour votre ville ?

Essayer de ne pas trop intervenir non plus pour ne pas casser la dynamique de jeu.

Débriefer en fin de partie

A la fin de la partie, le temps de débriefing est très important. A vous de demander aux joueurs :
- comment s’est passée la partie,
- quelles sont les embûches qu’ils ont pu rencontrer pour arriver à atteindre leur objectif (s’ils ne s’en rappellent pas, vous pouvez énumérer des exemples que vous aurez retenus),
- si leur stratégie individuelle ou collective était la bonne,
- s’ils pensent que cela se passe comme ça dans la vie réelle… à adapter en fonction du jeu.

Pour les enfants, c’est le moment de leur faire reformuler les notions que vous leur avait transmises pendant la partie.

Le débriefing permet aux participants de verbaliser des apprentissages qu’ils ont pu faire pendant la partie. C’est donc très important de prendre le temps de le faire dans une visée pédagogique.

Vous pouvez en profiter pour montrer une vidéo courte / photos pour montrer des parallèles avec des situations réelles, donner plus d’informations…

Si vous avez d’autres conseils et astuces, n’hésitez pas à nous les envoyer !